Les grandes écoles de commerce qualifient de ‘Programme grande école’ le cursus qu’elles proposent aux étudiants issus de CPGE et qui ont donc passé un concours d’admission après avoir déjà suivis 2 années d’enseignement supérieur.
Ce ‘programme grande école’ dure au minimum 3 années (beaucoup d’écoles proposent, en plus, une année supplémentaire de césure, consistant en un séjour prolongé à l’étranger, que ce soit au sein d’une université partenaire ou d’une entreprise) et se compose comme suit :
  •  une année validée par un diplôme de Bachelor
.   •  deux années validées par un diplôme de Master (‘Master in Management’)

Ces appellations peuvent, à juste titre, dérouter les étudiants français habitués à celles utilisées dans le système universitaire européen pour désigner les différents niveaux de l’enseignement supérieur (système dit LMD : Licences : bac+3 / Master : bac+5 / Doctorat : bac+8).
L’objectif de cette page est de vous aider à y voir plus clair en présentant, de la manière la plus simple possible, l’origine, le sens et la portée de ces diplômes (ainsi que de leurs multiples variantes) et les labels qui en garantissent la qualité.

Il s’agit d’un sujet complexe et pour le traiter de la manière la plus exhaustive possible, nous présenterons successivement :
.    1) Origine des diplômes de Bachelor et Master délivrés par les écoles de commerce
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2) Caractéristiques générales du Bachelor français (nature, intérêts et limites)
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3) Spécificités du Bachelor des Programmes grandes écoles
.    4) Différentes variantes de Bachelor et Master proposés par les écoles de commerce
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5) Sens et portée des labels administratifs garantissant la qualité des diplômes français
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6) Labels internationaux garantissant la qualité des écoles et de leurs titres

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1) Origine des diplômes de Bachelor et Master délivrés par les écoles de commerce

Depuis 2002, suite à une harmonisation du système de l’enseignement supérieur en Europe, l’ancien système français (DEUG / Licence / Maîtrise / DESS ou DEA-Doctorat) a laissé progressivement la place à un nouveau système, commun à l’ensemble des pays européens.
Celui-ci qualifié de ‘système LMD’ car il s’articule autour de 3 diplômes nationaux : Licence (bac+3), Master (bac+5) et Doctorat (bac+8).

Or, en France, seuls les établissements publics (universités) sont habilités à délivrer des diplômes nationaux. De ce fait, les écoles de commerce françaises, qui sont des établissements privés, ont dû trouver des appellations alternatives pour qualifier les diplômes délivrés à l’issue des formations supérieures qu’elles dispensent.
Sachant que, par opposition à l’académisme des universités, les écoles de commerce françaises se sont largement inspirés du pragmatisme des business schools américaines (plus orientées vers les besoins concrets des entreprises) pour définir leur pédagogie et le contenu de leurs programmes, elles se sont naturellement tournées vers les appellations utilisées par les systèmes universitaires anglo-saxons pour qualifier leurs diplômes.
Les systèmes universitaires anglo-saxons comportent 3 niveaux successifs : Bachelor (bac+3/4, cycle qualifié de ‘undergraduate’ ou ‘pregraduate’ suivant les pays), Master (bac+5, cycle qualifié de ‘graduate’ ou ‘postgraduate’ suivant les pays) et PhD (bac+8).
Les écoles de commerce ont donc repris les termes de Bachelor et de Master pour qualifier les diplômes sanctionnant respectivement leur niveau de formation à bac+3 et bac+5.

Toutefois, le recours à ces appellations reste source de fréquentes confusions, du fait :
•  de l’homonymie du terme employé pour désigner le 2° niveau de gradation des systèmes européen et anglo-saxons (confusion possible sur la nature du titre de Master délivré par les écoles de commerce vs les universités)
•  de l’ambiguïté de ces termes, sachant que les systèmes anglo-saxons ne sont pas homogènes (le Bachelor anglais se déroule en 3 ans contre 4 ans pour le Bachelor degree américain !).

Par ailleurs, le flou juridique entourant ces titres de Bachelor et de Master délivrés par les premières écoles de commerce (absence d’homologation et de contrôle de l’attribution de ces titres en France)  est également à l’origine d’un sérieux problème. En effet, voulant surfer sur le succès de ces formations auprès des entreprises, certains établissements peu scrupuleux n’ont pas hésité à s’en emparer pour qualifier des formations, parfois de très piètres qualités.
Ceci a conduit les écoles de commerce les plus sérieuses à chercher à se différencier, en demandant à l’État d’homologuer la qualité et le sérieux de leurs structures et de leurs formations. Il existe désormais plusieurs ‘labels administratifs’ qui permettent de reconnaître le niveau de qualité des établissements (reconnaissance) et/ou le degré d’équivalence de leurs diplômes par rapport aux diplômes nationaux (grade et visa). Compte tenu de l’importance de ces ‘labels administratifs’, leur sens et leur portée est précisé dans le 5° paragraphe de cette page.

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2) Caractéristiques générales du Bachelor français (nature, intérêts et limites)

À de rares exceptions près (telle que le Bachelor of Business Administration), le Bachelor est un diplôme de type bac+3. Il se situe donc au même niveau d’étude que la Licence du système français. Toutefois, il se distingue de cette dernière par l’importance qu’il accorde à la professionnalisation et à l’internationalisation.
En effet les formations de type Bachelor se veulent à la fois pluridisciplinaires, professionnalisantes et ouvertes à l’international. À côté des cours théorique classiques, les stages en entreprise y occupent donc une place importante et il est souvent prévu qu’une des 3 années du cursus se déroule à l’étranger et/ou qu’une partie des cours soit dispensée en anglais.

Si ce type de formation est apparu en France dans les écoles de commerce, il tend désormais à s’étendre aux écoles d’ingénieurs et d’autres filières commencent à s’y intéresser. En quelques années le nombre de Bachelors proposés en France est ainsi passé de quelques dizaines à plusieurs centaines. Les raisons de ce succès sont multiples :

• pour les étudiants : le bachelor vient compléter l’offre des formations courtes en proposant un niveau de formation moins théoriques que la Licence et moins spécialisé que la Licence professionnelle. Il offre donc une 3° voie aux étudiants qui ne sont attirés ni par les diplôme de type bac+2 (correspondant de moins en moins au niveau d’attente des recruteurs), ni par l’université (considérée comme proposant des formations trop théoriques), ni par le cursus prépa-grande école (jugé trop exigeant). De plus, il offre une meilleure souplesse en sortie de cursus, les diplômés pouvant plus facilement opter soit pour une entrée dans la vie active, soit pour une poursuite d’étude en Master.

• pour les entreprises : le bachelor répond à 3 de leurs attentes importantes : trouver des candidats suffisamment formés (depuis la mise en place du système LMD, leur degré d’exigence minimal tend à glisser vers le niveau bac+3), rapidement opérationnels (si possible ayant déjà une première expérience du monde l’entreprise, ne serait-ce qu’à travers des stages) et ouverts sur l’international (pour faire face aux nouveaux enjeux de la mondialisation).

• pour les établissements de formation : compte tenu de la baisse de leurs ressources financières (réduction des dotations de l’État, tarissement de la taxe d’apprentissage, etc.), le bachelor leur permet de toucher un nouveau public plus large (néo-bacheliers, aussi bien français qu’étrangers), susceptible de générer de nouvelles ressources financières (il s’agit d’un cursus payant où les frais de scolarités sont élevés) et/ou des économies d’échelle.

Toutefois il convient de souligner que le titre Bachelor n’est pas protégé ou réservé et, qu’à côté des cursus proposés par des écoles de commerce sérieuses, de très nombreux établissements s’en sont emparé pour qualifier des formations onéreuse mais conçues sans aucun contrôle et d’une qualité, parfois, très insuffisante.
Ceci  a conduit à une situation particulièrement confuse où le meilleur côtoie le pire. Afin d’y mettre un peu d’ordre, la CEFDG (Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion) réfléchit actuellement à la possibilité d’attribuer un grade de licence aux Bachelors présentant des garanties suffisantes (comme cela a déjà été fait pour les Masters des grandes écoles). Cela permettrait à la fois d’encadrer ce diplôme, de protéger les écoles offrant des formations de qualité et d’aider les familles à faire le tri entre le bon grain et l’ivraie.
Cependant cette tâche s’avère particulièrement délicate compte tenu de l’hétérogénéité des pratiques et de la nécessité de trancher entre celles-ci, pour arriver à une définition commune du Bachelor, notamment en ce qui concerne :
.    • sa durée (suivant les écoles, celui-ci est attribué après 3 ou 4 années d’études) ;
.    • sa finalité (diplôme du 1° cycle de l’enseignement supérieur et/ou diplôme terminal à vocation professionnelle) ;
.    • les critères d’évaluation à considérer pour décerner ce grade (programme, organisation pédagogique, etc.).
Le défi est d’autant plus important que les universités sont opposées à l’apparition d’un nouveau diplômes de niveau licence, qui risque de brouiller la lisibilité de l’offre de formation et d’entrer en concurrence directe avec leur licence professionnelle.

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3) Spécificités du Bachelor des Programmes grandes écoles

On appelle ‘Programme grande école‘, le cursus proposé par les grandes écoles aux étudiants issus de CPGE. Celui-ci se déroule en 3 ans et les conduit à l’obtention d’un Master (‘Master in management’).
Dans ce cadre, on qualifie de Bachelor le titre attribué aux étudiants à la fin de leur 1° année d’étude en grande école.

Il s’agit donc bien d’un diplôme de niveau bac+3 (2 années de CPGE + 1 année de grande école).
Toutefois, on le voit, le ‘Bachelor programme grande école’ présente des caractéristiques qui le différencie nettement des ‘Bachelors post-bac’ :
•   il n’a pas vocation à être un diplôme terminal : il est, en fait, la première étape d’un cursus menant au Master ;
•  il est obtenu à la suite de 2 années d’études en CPGE qui ne sont absolument pas professionnalisantes mais, au contraire, plutôt généralistes (c’est au sein de la grande école qu’ils ont intégré que les étudiants issus de CPGE vont se doter, progressivement, de la dimension professionnelle et internationale qui fait leur succès auprès des recruteurs).

À ce titre, il convient d’être très prudent sur l’interprétation à donner aux Bachelors des programmes grandes écoles’, par rapport aux Bachelors post-bac des écoles de commerce’.
La confusion est d’autant plus facile que, afin de capitaliser sur leur indéniable savoir-faire en la matière et d’augmenter leurs ressources, la plupart des grandes écoles ont ouvert, à côté de leur Programme grande école’, des formations de type Bachelor post-bac en 3 ans’ (et que certaines d’entre elles, ont également mis en place des concours d’admission parallèle permettant, dans une certaine mesure, à leurs meilleurs Bachelors internes de rejoindre leur programme grande école).

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4) Différentes variantes des Bachelors et Masters proposés par les écoles de commerce

Il est d’autant plus facile de se perdre dans la nébuleuse des cursus et diplômes affichés par les écoles de commerce, qu’y coexistent des appellations faisant référence à la fois aux systèmes de diplomation européen (cursus LMD : Licence-Master-Doctorat) et anglo-saxon (Bachelor – Master of science – PhD) dont, pourtant, les formats et la logique diffèrent sensiblement. Les risques de confusion sont d’autant plus grands que le système anglo-saxon n’est, lui-même, pas homogène (le Bachelor anglais se déroule en 3 ans contre 4 ans pour le Bachelor degree américain !).
Pour tenter d’éclaircir les choses, vous trouverez, ci-dessous, un bref récapitulatif des principaux diplômes (et de leurs nombreuses variantes) proposés par les écoles de commerce françaises. La différenciation entre ces différents diplômes nécessite parfois le recours à des ‘labels administratifs’ aussi abscons qu’ils sont importants, dont le sens exact est précisé dans le paragraphe suivant.

Bachelor : diplôme de niveau bac+3 accordé par les écoles de commerce à l’issue de leur 1° année (pour les grandes écoles qui recrutent des élèves ayant déjà suivi 2 années de Classe Préparatoire) et/ou d’un cursus interne de 3 année (pour les écoles de commerce qui recrutent directement après le bac).
Toutefois certaines écoles de commerce proposent des Bachelors en 4 ans, souvent baptisées Bachelor of Business Administration pour les différencier des Bachelors classiques en 3 ans.

• BBA (Bachelor of Business Administration) : diplôme en 4 ans (voire plus). Il s’agit d’un cursus hybride correspondant à une européanisation du format anglo-saxon dit « undergraduate » (terme désignant le 1° cycle d’études supérieures de certains pays anglo-saxons). Il correspond au Bachelor degree des universités américaines (Four-years college), alors que le bachelor en 3 ans s’inspire lui plutôt du système anglais.
Ce type de cursus est proposé par certaines grandes écoles (EM Lyon, NEOMA, EDHEC, INSEEC, KEDGE) qui cherchent à internationaliser et diversifier leur effectif, notamment en s’appuyant sur leur campus à l’étranger.

• Diplôme national de Master (DNM) : diplôme de niveau bac+5, reconnu par le Ministère chargé de l’enseignement supérieur et normalement délivré par les universités européennes, dans la logique du cursus LMD (il s’obtient en 2 ans après la Licence).
Seuls les établissements publics sont habilités à délivrer des diplômes d’État. Toutefois certaines grandes écoles (par ex. Burgundy BS) proposent un master ayant le statut de DNM en collaborant avec des universités sur des programmes spécifiques, notamment dans le cadre des COMUE (Communauté d’Universités et d’Établissements). D’autres (par ex. ESC Pau) ont établi des partenariats leur permettant de délivrer, par équivalence, une Licence universitaire avec leur Bachelor).

• Diplôme ayant le grade de Master : diplôme de niveau bac+5, délivré par les grandes écoles de commerce habilitées par la CEFDG (Commission d’Évaluation des Formations et Diplômes de Gestion).
La différence entre le Diplôme National de Master’ et le Grade de Master’ est essentiellement liée à des différences statutaires entre les établissements qui les délivrent. En effet, sachant qu’ils n’ont pas le droit de délivrer des diplômes d’État, les établissements privés ont obtenu du Ministère chargé de l’enseignement le droit de remettre des diplômes ‘gradés‘ (c’est à dire équivalents à des diplômes d’État, mais sans en avoir le titre), sous réserve, bien entendu, d’y être habilité. Cette habilitation n’est délivré qu’après un contrôle particulièrement lourd et méticuleux de la qualité des établissements concernés et de leur formation (composition du corps professoral, équipement et organisation pédagogique, système d’accompagnement des élèves, contenu du programme, etc.).
L’attribution par la CEFDG d’un grade de Master est une garantie importante sur la qualité de la formation proposée et le niveau du diplôme qui la sanctionne.

• Mastère Spécialisé des grandes écoles (MS) : il s’agit moins d’un diplôme que d’un label (déposé en 1985 par la CGE : Conférence des grandes écoles). Ce titre sanctionne un cursus complémentaire d’une année, ouvert aux titulaires d’un bac+4 minimum et proposant des formations spécifiques correspondant à des besoins de niche sur le marché de l’emploi.

• Masters of Science (MSc) des grandes écoles : comme le MS, il s’agit d’un label (déposé par la CGE : Conférence des grandes écoles) mais qui désigne le titre délivré à la suite d’un cursus de 3 semestres, entièrement dispensé en anglais.

• MSc international : diplôme de niveau bac+5, conçu sur le modèle anglo-saxon et reconnu par le Ministère chargé de l’enseignement. Il s’agit d’un programmes de spécialité en 2 ans, destinés aux étudiants internationaux et visant à approfondir un cursus initial de type master.
Ce diplôme est proposé par certains établissements universitaires (IAE, notamment) ainsi que par quelques écoles d’ingénieurs.

• Master of Business Administration (MBA) : diplôme très peu réglementé, qui s’adresse principalement aux titulaires d’un diplôme de niveau licence, disposant déjà d’une expérience professionnelle significative et désireux d’accéder à des responsabilités managériales (typiquement : jeune ingénieur souhaitant acquérir une compétence en management pour bénéficier d’une promotion interne à la tête d’un service de son entreprise).
Les MBA peuvent être déclinés sous différents format : EMBA (Executive MBA qui s’adresse à des cadres expérimentés suivant leur formation à temps partiel), MBA global (formation composée de séminaires organisés successivement sur plusieurs continents), etc.
La valeur d’un MBA sur le marché du travail est intrinsèquement liée à la notoriété et à l’image de l’établissement qui le délivre (le Financial Times classe régulièrement parmi le top 5 des meilleurs EMBA mondiaux ceux proposés par HEC et l’INSEAD).

• Titre(s) délivré(s) par une école de commerce non reconnu : diplôme de niveau bac+3 ou bac+5, n’ayant ni grade, ni visa, ni habilitation (mais dont le niveau peut être certifié par le CNCP).
Il s’agit de titre délivré par des établissements qui ne sont pas officiellement reconnus par le Ministère chargé de l’enseignement. Leur valeur sur le marché de l’emploi dépend donc directement de la notoriété et de l’image des établissements qui les délivrent.
Officiellement, l’utilisation du terme master pour désigner les titres délivrés par ces établissements (même s’ils sont certifiés de niveau bac+5) est donc abusive et trompeuse. Les moins scrupuleux de ces établissements n’hésitent pourtant pas à utiliser ce qualificatif pour désigner leurs diplômes, ou à recourir à des artifices sémantiques pour les qualifier de manière à entretenir la confusion auprès de leur public (par exemple en utilisant des termes comme : mastère, master européen, master of, etc.).

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5) Sens et portée des ‘labels administratifs’ garantissant la qualité des diplômes français

Un certain nombre de labels administratifs permettent de différencier la qualité des écoles et des formations qu’elles proposent. Malheureusement le sens précis de ces termes est généralement obscur pour le profane et certains établissements peu scrupuleux n’hésitent pas à jouer sur leur ambiguïté pour survendre des diplômes n’offrant aucune reconnaissance officielle.
Pour tenter d’y voir plus clair vous trouverez, ci-dessous, un bref récapitulatif du sens et de la portée des principaux termes utilisés par l’administration française pour distinguer le niveau et la qualité des écoles et de leurs diplômes (classés par ordre alphabétique) :

• Certificat (d’un diplôme) : la certification d’un diplôme est effectuée par la CNCP (Commission Nationale de la Certification Professionnelle) qui valide, pour une durée limitée, le niveau de qualification professionnelle de ses titulaires, en fonction de leur insertion professionnelle (ce n’est donc pas le dispositif de formation qui est certifié, mais son résultat).
L certificat valide les compétences nécessaires à l’exercice d’un métier selon une hiérarchie en 5 niveaux : niveau 1 (bac+5), niveau 2 (bac+3 à bac+4), niveau 3 (bac+2), niveau 4 (baccalauréat) et niveau 5 (BEP ou CAP).
Le fait pour un diplôme d’être certifié à un niveau donné ne donne pas nécessairement une équivalence avec un autre diplôme de même niveau (ainsi un diplôme, même de niveau 1, d’un institut privé n’est pas l’équivalent d’un master qui, bien que du même niveau, bénéficie d’une reconnaissance directe par les universités européennes et internationales).
La liste des titres certifiés est consultable sur le site du répertoire national de la certification professionnelle.

• CEFDG (Commission d’Évaluation des Formations et Diplômes de Gestion) : organisme rattaché aux Ministères chargés de l’enseignement supérieur, de l’industrie et du commerce qui a pour mission d’attribuer un grade ou un visa aux diplômes proposés par les différents établissements de formation, en fonction de la qualité de leur programme et de leur organisation pédagogique.

• CGE (Conférence des Grandes Écoles) : association française regroupant des établissements d’enseignement supérieur. Ne peuvent l’intégrer que les établissements reconnus par l’État, délivrant un diplôme ayant le grade de Master et ayant fait l’objet d’un audit exigeant sur une douzaine de critères (sélectivité du recrutement, niveau de la recherche, qualité du corps professoral, gouvernance, degré d’insertion professionnelle de leurs diplômés, etc.).
Le fait qu’une école de commerce soit membre de la CGE est une excellente garantie de sa qualité et de son sérieux.

• CNCP (Commission Nationale de la Certification Professionnelle) : commission interministérielle et interprofessionnelle, placée sous l’autorité du ministre chargé de la formation professionnelle dont une des missions est de certifier le niveau des diplômes, en fonction de leur nature et du niveau d’insertion professionnelle de leurs titulaires.

• ECTS (European Credits Transfer Scale = Système européen de transfert et d’accumulation de crédits) : système de points qui est utilisé dans tous les pays de l’Union Européenne et selon lequel chaque année validée dans l’enseignement supérieur donne droit à 60 ECTS (chaque crédit valorise un volume de travail étudiant d’environ 25 à 30 heures).
Sachant que ces crédits sont transférables (ils sont valable dans toute l’Europe) et capitalisables, ce système facilite la comparaison des différents programmes d’enseignement supérieur (notamment universitaires) et l’établissement de passerelles (nationales ou internationales) entre eux. Il a notamment permis la mise en place des programmes Socrates et Erasmus.
Toutefois la reconnaissance de la valeur des ECTS n’est pas automatique. Dans le cadre de sa réglementation nationale et/ou des éventuels accords qu’il a pu établir avec ses homologues, chaque établissement d’enseignement supérieur dispose d’une certaine autonomie dans la reconnaissance ou non des ECTS d’un étudiant pour l’inscrire dans l’un de ses cursus.

• Grade (d’un diplôme) : en France il existe 4 grades universitaires (Baccalauréat, Licence, Master et Doctorat) dont l’attribution et la gestion relève d’un monopole d’État. C’est la CEFDG (Commission d’Évaluation des Formations et Diplômes de Gestion) qui est chargé de gérer l’attribution de grade aux diplômes proposés par les établissements de formation.
Un grade est attribué, pour une durée limitée (mais reconductible) et selon des critères très précis et exigeants (notamment programme, contenu et organisation des cours, composition et qualité de l’équipe pédagogique, etc.) aux formations proposées par les établissements de formation. Il s’agit donc d’une reconnaissance officielle de leur niveau et de leur qualité.
L’ensemble des grandes écoles ont déjà obtenu, de longue date, le grade de Master pour leur programme post-prépa en 5 ans. Par contre, l’attribution du grade de Licence à leurs bachelors est encore en cours de discussion (au 18/03/2017) mais pourrait aboutir prochainement.
La CEFDG diffuse sur son site web une liste actualisée des formations disposant du grade de master.

• Reconnaissance (d’une école) : pour obtenir la reconnaissance de l’État, une école doit satisfaire à certaines exigences relatives à ses équipements et locaux, son programme, son organisation pédagogique, la composition de son corps professoral, son budget, etc.
Cette reconnaissance qui porte sur l’établissement (et non ses diplômes) s’obtient auprès du ministère chargé de l’enseignement. Elle atteste que l’école possède toutes les conditions nécessaires à l’obtention des diplômes auxquels il prépare.
Seules les écoles reconnues peuvent recevoir des aides ou subventions de l’État et accueillir des élèves bénéficiaires d’une bourse sur critères sociaux.
Certaines écoles, non reconnues et peu scrupuleuses, utilisent des mentions trompeuses, qui n’ont aucune valeur ni portée, pour entretenir la confusion à ce niveau : ‘formation reconnue’, ‘sous tutelle de l’Éducation nationale’, ‘reconnue par le Rectorat’, etc.

• Visa (d’un diplôme) : il s’agit d’une reconnaissance qui officialise le niveau académique d’un diplôme. Un diplôme visé facilite la poursuite d’études et offre une garantie plus forte que la simple reconnaissance de l’école qui l’attribue.
De même que pour le grade, le visa est délivré par la CEFDG (Commission d’Évaluation des Formations et Diplômes de Gestion) qui diffuse sur son site une liste actualisée des formations et diplômes visés. Il est attribué pour une durée de 6 ans, mais renouvelable indéfiniment.
Le fait pour un diplôme d’être visé à un certain niveau ne suffit pas à lui conférer un grade de même niveau. Le niveau d’exigence du visa est, en effet, inférieur à celui du grade, notamment en termes d’équipe pédagogique (proportion de professeurs permanents dans le corps professoral et qualité de leur « production intellectuelle », mesurée à travers le nombre et la nature de leurs publications).

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6) Labels internationaux’ garantissant la qualité des écoles et de leurs titres

Outre les labels administratifs accordés par les Pouvoirs Publics, il existe 3 labels internationaux permettant de distinguer le degré d’excellence des écoles de commerce et de leurs diplômes :
Il s’agit des accréditations attribuées par 3 associations internationales :

•  L’AACSB (Association to Advance Collegiate Scools of Business) est une association américaine dont le label ‘AACSB‘ permet de distinguer les établissements d’excellence parmi les différentes Business Schools.

•  L’EFMB (European Foundation for Management Development) est une fondation européenne qui attribue 2 types de labels :
.     • le label ‘EQUIS(European Quality Improvment System) qui distingue les écoles d’excellence,
.     • le label ‘EPAS(EFMD Program Accreditation System) qui distingue les formations d’excellence.

•  L’AMBA (Association of MBAs) est une association britannique dont le label ‘AMBA‘ permet de distinguer les formations d’excellence parmi les MBA et Masters.

Ces différents labels sont extrêmement sélectifs et difficiles à obtenir. Ils sont attribués à l’issue d’une procédure d’audit extrêmement rigoureuse, qui peut durer plusieurs années et qui porte sur de nombreux élément (nature et qualité du corps professoral, rayonnement international, degré d’accompagnement des étudiants, qualité de la recherche, taille et activité du réseau d’anciens étudiants, insertion professionnelle des diplômés, adéquation du programme aux besoins des entreprises, etc.).
À ce titre, ils offrent des garanties très sûres sur la qualité des écoles ou des formations qui peuvent s’en prévaloir
Certaines grandes écoles françaises bénéficient d’une triple accréditation (AACSB, AQUIS & AMBA), on les qualifie de « triple couronnées« .

Remarque : ces 3 organisations sont des associations. Le fait qu’une école de commerce soit adhérente à une ou plusieurs d’entre elles, ne signifie nullement qu’elle en a obtenu le label. À ce titre, il convient de bien faire la différence entre les écoles adhérentes à ces associations et les écoles labellisée par ces associations. Par ailleurs ces labels sont attribués pour une durée limitée (3 à 5 ans). Il convient donc d’être vigilant sur la date d’obtention de ces labels.

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… Pour conclure :

Le cursus en CPGE-ECT est normalement de 2 années et permet donc d’obtenir 120 ECTS.
S’il se déroule dans un lycée public, l’établissement est nécessairement reconnu par l’État et a signé une convention avec une université qui peut permettre de bénéficier d’une équivalence avec une 2° année de Licence universitaire (diplôme national).

Les grandes écoles de commerce françaises auxquelles préparent les CPGE-ECT sont toutes reconnues par l’État et délivrent, à l’issue de leur formation, un diplôme ayant le grade de Master (voire Master diplôme national pour certaines d’entre elles) qui représente un total de 300 ECTS.
Par ailleurs, toutes les grandes écoles disposent d’au moins une accréditation internationale (en fait souvent 2, voire ‘triple couronne’).

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>>> Pour approfondir :
Arrêté licence : la « boulette » du ministère sur les grandes écoles, Laura Taillandier, EducPros / L’Etudiant (27/06/2018)
Le gouvernement revient sur un texte autorisant les grandes écoles à délivrer la licence, Soazig Le Nevé, Le Monde / Campus (27/06/2018)
S’y retrouver dans les masters, mastères spécialisés, MSc, Masters internationaux, Jean-Claude Lewandowski, Le Monde / Campus (24/01/2018)
Master, MS, MSc : la nébuleuse des cursus bac+5, Jean-Claude Lewandowski, Le Monde / Campus (24/01/2017)
Mastère Spécialisé (MS) ou Master of Science (MSc), Marie-Anne Nourry, Victoria Desmond Salinas, Studyrama / Espace Prépas (19/03/2018)
Master of Science : l’atout international, Mélodie Moulin, L’Étudiant (27/02/2018)
Les grandes écoles veulent attirer les étudiants étrangers avec leur MSc, Jean-Claude Lewandowski, Le Monde / Campus (18/03/2018)
 MBA, la nouvelle donne mondiale, Jean-Claude Lewandowski, Le Monde / Campus (216/03/2018)
Écoles de commerce : se retrouver dans le maquis des labels, grades et visas des diplômes, Jean-Maxime François, Le Monde / Campus (21/11/2016)
Le bachelor, une alternative aux classes prépas ?, Isabelle Dautresme, Le Monde / Campus(17/02/2018)
5 conseils pour bien choisir son bachelor, (vidéo) Studyrama.com (07/03/2018)
Le bachelor, trublion de l’enseignement supérieur, Marie-Anne Nourry, L’Etudiant.fr (13/02/2018)
Le bachelor, concurrent de la licence, Jean-Claude Lewandowski, Le Monde / Campus (19/02/2018)
Pourquoi faire un bachelor en quatre ans plutôt qu’en trois ans ?, Valérie Segond, Le Monde / Campus (22/02/2018)
Bachelor des écoles de commerce : le grade de licence se fait attendre, Cécile Peltier, L’Étudiant / EducPros.fr (09/02/2016)
Grade de licence : la CEFDG dévoile sa proposition, Cécile Peltier, L’Étudiant / EducPros.fr (24/01/2017)
La délivrance du master reste réservée à l’université et aux grandes écoles publiques, Adrien de Tricornot, Le Monde (07/06/2017)
Le nouvel élan des BBA, Cécile Peltier, L’Étudiant / EducPros.fr (12/10/2016)
MBA : le numéro un mondial se cache dans la forêt de Fontainebleau, Maxime François, Le Monde (15/03/2017)
Face aux États-Unis, les MBA européens jouent la diversité pour faire la différence, Jean-Claude Lewandowski, Le Monde / Campus (14/03/2017)
L’avis d’un recruteur sur les mastères des écoles de commerce, Géraldine Dauvergne, Le Figaro (22/03/2017).
• Attention aux promesses mensongères de certaines écoles de commerce, Maxime François, Le Monde / Campus (21/12/2017)